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David Lynch palme d'or de la brièveté pour son
premier Olympia.
Critique parue par l'Agence
France Presse (AFP) Paris (07h48)
David Lynch, Palme d'or à Cannes en 1990 pour Sailor &
Lula, a décroché la Palme de l'apparition éclair
pour ses débuts scéniques comme musicien à
la tête de Blue Bob, son groupe qui s'est produit lundi
soir dans le cadre du 17e festival des Inrockuptibles.
Le réalisateur particulièrement prisé en
France était une des attractions principales d'une soirée
qu'il a partagée avec le rappeur américain RjD2
(bien: RjD2), le chanteur français Katerine et la vocaliste
anglaise Beth Gibbons (Portishead), qui faisait là ses
premiers pas en solo.
Personnalités du cinéma (le producteur Alain Sarde,
les comédiens, scénaristes et réalisateurs
Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri...), de la musique (la
chanteuse Jil Caplan, le musicien et producteur Rodolphe Burger
de Kat Onoma, l'ex mannequin vedette Carla Bruni qui vient de
signer son premier album...), et le député Jack
Lang comptaient au nombre des invités de cette soirée
attendue.
Sans oublier un ami de David Lynch, Pierre Lescure, qui, lorsqu'il
était à la tête de Canal+, co-produisit Mulholland
Drive, film qui valut au cinéaste américain le Grand
prix du jury du festival de Cannes en 2000.
Comme son aîné et "collègue" Woody
Allen, qui l'avait précédé il y a quelques
années sur la même scène de l'Olympia, le
réalisateur d'Elephant Man et Blue Velvet, s'est trouvé
de facto propulsé comme figure de proue d'un ensemble dont
il n'est qu'un des membres.
Cet anonymat revendiqué par le principal intéressé
ne convainc guère le public : les 2.000 spectateurs n'ont
d'yeux que pour ce touche à tout de talent, qui, après
le cinéma, le dessin et la sculpture, ajoute désormais
la musique à une palette créatrice richement fournie.
Assis à gauche de la scène, tenue et maintien de
"clergyman", Lynch officie à la guitare, instrument
dont il joue assis, posé sur ses genoux. Le véritable
leader sur scène est son ami, le guitariste et chanteur
John Neff. Un contrebassiste, un second guitariste, un claviers
et un batteur complètent cette formation réunie
sous l'intitulé sibyllin de "Blue Bob".
Le show commence par une introduction sous forme de charade visuelle,
entre pop art et gag potache : une jeune femme et un compère
se présentent sur scène, devant le rideau tiré,
la première avec une toile peinte en bleu, le second arborant
un écriteau portant la mention de "Bob". Le duo
disparaît en coulisses. Le rideau se lève. Neff annonce
en français : "Pensons à la paix dans le monde
entier".
Le groupe attaque alors la première de trois compositions,
un thème rapide aux accents funky. Suivent deux blues aux
climats de rock industriel dans l'esprit du premier opus du groupe,
à paraître le 15 novembre.
Le rideau rouge tombe, laissant le public déconcerté.
Quelques applaudissements fusent. Les musiciens reviennent pour
un rappel, une reprise de "You Can't Judge A Book (By Looking
At The Cover)", du bluesman Willie Dixon.
La première prestation de David Lynch aura duré
à peine 30 minutes. Sur la même scène, Woody
Allen et sa clarinette New Orleans avaient tenu une heure de plus,
rappels non compris.
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